Pénurie de cacao, fantasme ou réalité ?

Depuis quelques années, le spectre d’une pénurie de cacao rode sur l’ensemble de la planète. Les industriels se mobilisent pour sauver la fève de cacao.

Pénurie de cacao

La culture du cacao est issue de petits producteurs. Une production fragile et fluctuante qui oblige trop souvent les exploitants à se tourner vers des cultures plus lucratives. Cette situation combinée à une consommation mondiale croissante constitue les principales causes qui amèneraient à une pénurie de cacao.

Le continent Africain représente environ 70% de la production mondiale de cacao avec en tête des pays producteurs la Côte-d’Ivoire et le Ghana. L’Afrique demeure une région fragilisée par les troubles politiques, la sécheresse et les épidémies comme Ebola qui provoquent d’importantes variations de récoltes. L’Amérique latine, terre d’origine du cacao fournit une production haut de gamme qui représente 13 % de la production mondiale. Mais les plantations dans cette partie du monde, subissent malheureusement, comme en Afrique, des épidémies de maladies fongiques qui provoquent des baisses allant jusqu’à moins 40% des récoltes d’une année sur l’autre.

Pour palier à ces variations, des essais d’hybridation du cacaoyer sont à l’étude depuis les années 70. Mais les fèves hybrides fournissent un cacao trop acide. Pour remédier au  problème du goût, de nombreuses recherches sont réalisées. Au grand dam des amateurs de vrai chocolat, de plus en plus de producteurs de chocolat n’hésitent pas aujourd’hui à intégrer cette nouvelle sorte de fève dans leur production.

Dans le même temps, les industriels soucieux d’augmenter les rendements, apportent une aide aux producteurs en s’impliquant dans l’amélioration des techniques de production via des programmes de développement durable. Cette pratique dont le premier objectif est l’accompagnement de producteurs déjà soumis aux aléas du cours de la fève pourrait à terme les rendre dépendant des industriels.

Même si on nous parle de pénurie de chocolat, il semblerait que tout soit mis en oeuvre pour que cette dernière n’ai pas lieu. Le prix sans cesse croissant du chocolat devrait permettre de réguler la consommation mondiale et ainsi le repositionner en produit de luxe et non de grande consommation. Ensuite, la prise de conscience des industriels de l’écart entre les profits du marché et la réalité des petits producteurs les ramènent à une approche de la production plus responsable. En redistribuant une partie de leur profit dans le rajeunissement des méthodes de production, la mise en place de normes concernant notamment le travail des enfants et une aide financière des producteurs, les industriels s’investissent dans la culture du cacao.

Comme on ne fait pas de chocolat sans cacao ce que même la finance peut entendre, les industriels pourraient devenir les garants d’une production équitable, raisonnée et raisonnable. Cependant le spectre de la pénurie souligne une réalité. Le chocolat reste un produit haut de gamme supportant difficilement la production de masse. Entre réalité politique, climatique et épidémiologique, le chocolat se savoure avec modération.

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